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Un grand chagrin

Au fond, il ne l’aimait pas, mais il avait fini par aimer beaucoup l’idée qu’il se faisait d’elle, aussi lui fut-il assez douloureux de la perdre.

Un grand chagrin d’amour propre.

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il y a toujours un écart tristement comique entre le personnage que l’on a le courage d’être en dehors de l’épreuve du vivre et celui que l’on n’ assume pas d’être dans la médiocrité, la seule aimable, du vivant.

oubli

oubli, mort en nous de nous-même,

et cette écœurante, et douce, confirmation que nous nous survivrons.

coupable !

Qu’est ce qui est le plus tolérable, me demanda-t-il, consentir à un monde sans cause, sans ordre, sans but, ou consentir à ta culpabilité ?

Je me surpris à chercher ma faute.

Le rire est dans l’horreur, dans la mécanique implacable d’un monde absurde et indifférent, l’espace de liberté qui demeure, le dernier sursaut de vitalité.

Les autres nous qualifient et de ce fait nous disqualifient en tant que sujet singulier, complexe et libre. Être vivant ne cessant d’advenir, leurs qualifications nous figent en nature morte.

Soit, mais en cela toujours nous les précédons. Qui, en effet, échappe à sa propre narration, à la tentation du personnage, ce quelqu’un qui n’est personne ?

Il passait son temps à s’infliger des coups terribles, avec une tristesse rageuse et désespérée, mêlée de joie morbide.

Comme s’il trouvait dans sa chute son affirmation, son existence même.

Qu’on lui trouva des talents, loin de l’apaiser, excitait sa furie destructrice, car comment résister hélas à la beauté d’un si grand gâchis.